L’avancée de la décentralisation va sans doute être un accélérateur fort pour un changement dans notre façon de faire de la politique à l’échelle locale. Le futur fléchage communautaire des listes municipales ne doit pas être une simple mesure de « cosmétique » politique. Dans l’esprit de la réforme de la décentralisation, il s’agit bien de faire exister davantage l’intercommunalité dans le débat électoral. De ce fait, c’est en toute logique que nous devrons aborder avec transparence le programme communautaire, au sein des campagnes municipales, puisque les conseillers municipaux et communautaires seront élus par le même scrutin au suffrage universel.

C’est par ailleurs une nécessité politique, à l’égard de nos concitoyens, puisque l’échelon intercommunal ne cesse de monter en puissance. Le projet pour un acte III de la décentralisation prévoit pour cet échelon de nouvelles compétences obligatoires (BMO les exerce déjà !) : réalisation des PLU, gestion des offices du tourisme, gestion des aires d’accueil des gens du voyage, des milieux aquatiques, assainissement… Dans toutes les intercommunalités, nos concitoyens doivent donc être en mesure de s’exprimer clairement sur ces politiques. Pour cela, il faut que nous puissions leur donner les moyens pédagogiques de saisir l’étendue des compétences de l’intercommunalité afin qu’ils puissent politiquement les évaluer. En tant que militants, nous devons avoir à cœur cette mission dès les prochaines élections municipales.

Historiquement les bretons ont été avant-gardistes sur la politique intercommunale. Le département du Finistère s’illustre comme un territoire où l’intercommunalité s’est développé de façon plus volontariste qu’ailleurs. En Bretagne, la Communauté urbaine de Brest a été le fer de lance historique de cette forme politique contemporaine de coopération entre les communes. Serait-ce aux bretons de montrer la voie vers des campagnes municipales qui accordent enfin à l’intercommunalité sa juste place dans les débats avec nos concitoyens ?