Alors que la France reste centrale dans la construction européenne, il semble que le mode de désignation de nos parlementaires soit un vrai enjeu. Ainsi, les parlementaires Allemands optent pour le mandat unique, mais récidivent trois fois : « un mandat pour apprendre, un pour comprendre et un pour agir ». De son coté, la France choisit un mode de désignation plus aléatoire. Ce choix fragilise la stabilité de notre délégation et donc sa capacité à défendre nos valeurs de gauche, dans un parlement de plus en plus à droite, où la connaissance des rouages et la structuration d’un réseau est centrale dans le jeu collectif, entre les intérêts des partis et des nations.

Le parlement européen reste aussi une institution en quête de maturité. Comparé à un SIVOM qui servirait d’abord l’intérêt de chacune des parties, avant de réfléchir l’intérêt général de l’ensemble, la question des ressources propres est posée. Les logiques semblent en effet ne pas avoir décollé du Thatchérisme « I want my money back ! » Pour autant, la mise en place d’un budget commun, à l’image des communautés de communes ou communautés urbaines, semble être une nécessité pour sortir des logiques principalement orientées vers les intérêts propres de chaque Nation.

Ainsi va la construction européenne, entre une grande vision collective, mais aussi un discours qui peine à sortir des mécaniques administratives, technocratiques, qui explique probablement pour partie le désamour des français pour cette institution d’avenir. En guise de conclusion une question posée par Isabelle Thomas : « Y a-t-il une autre issue à la construction européenne dans un monde mondialisé ? » Probablement pas. L’enjeu est bien de poser « les objectifs de civilisation et les règles que l’on se fixe ensemble » pour avancer dans ce grand projet.

La France est un des Etats qui compte le plus et aussi un des plus en capacité à porter des valeurs de gauche. L’enjeu de l’an prochain est donc important.