Est-ce à dire, en suivant le raisonnement de Madame Malgorn, que Madame Agnès Le Brun, Maire de Morlaix, n’adhérant pas au même parti politique que le Ministre de l’intérieur, ne devait pas le recevoir alors qu’il venait se rendre compte du travail accompli pour faire face aux conséquences des inondations et manifester la solidarité nationale ? Que n’aurait-elle pas dit, ou son équipe de campagne, si le Ministre de l’Intérieur n’avait pas rencontré les victimes des inondations, les pompiers, les policiers, les gendarmes, les agents de l’Etat placés sous son autorité qui ont œuvré pendant la période ?

Quant à la venue à Brest de Manuel Valls, elle s’inscrivait dans un « tro breizh ». On peut imaginer d’avance les commentaires de cette même candidate aux municipales, si le ministre n’était pas venu, alors qu’il était à proximité, aux vœux aux corps constitués du Maire de Brest saluer toutes celles et tous ceux qui dans le cadre de leur fonctions sur notre territoire sont animés par l’intérêt général et font vivre le pacte républicain au quotidien.

Si Madame Malgorn pense qu’il suffit de faire venir des ministres pour gagner les élections, qu’elle se rassure. A en juger par ce qui s’est passé lors du précédent quinquennat, Nicolas Sarkozy et la députée sortante UMP auraient dû recueillir 100 % des suffrages brestois après les visites de Mesdames et Messieurs les ministres : Jean-Louis Borloo, Hervé Morin, Frédéric Mitterrand, Rama Yade, Anne Marie Idrac, Chantal Jouanno, David Douillet… sans oublier François Fillon dont les brestois se rappelle le bouclage du centre-ville de Brest par les forces de l’ordre lors de sa venue aux Assises de la Mer pour quelques minutes. Chacun se rappellera qu’à cette occasion, seuls les militants UMP avaient eu le droit de passer les cordons de police pour venir faire la claque du Premier ministre d’alors à son entrée et à sa sortie du Quartz. C’était certainement la déontologie républicaine qui avait prévalue alors …

A l’occasion de ces très nombreuses visites ministérielles à Brest, est-ce à dire que François Cuillandre en tant que maire de Brest, et au non d’une telle « déontologie », aurait dû s’abstenir de réserver un accueil républicain à ces ministres de droite ?

On peut comprendre que ceux et celles - qui ont fait leur carrière professionnelle de hauts fonctionnaires d’Etat à un moment où le « sarkozysme » était triomphant et trustait tous les rouages de l’Etat – qu’aujourd’hui cela leur fasse tout drôle de n’être plus en aussi bonne compagnie… Mais il en va ainsi en démocratie.

Avec une telle conception de la déontologie, on devrait presque se montrer compatissant avec Madame Malgorn qui pendant toute sa carrière préfectorale, a du se boucher le nez lorsqu’ elle devait recevoir un ministre de la République qui avait l’outrecuidance de ne pas partager les mêmes idées politiques qu’elle.

Notre République et les collectivités s’honorent d’avoir des traditions, dont le salut et l’accueil Républicain font partie. A un moment où d’autres promeuvent d’autres formes de salut anti républicain « La déontologie » la plus élémentaire commanderait soit de prendre un peu de hauteur soit de s’abstenir de tout commentaire déplacé ! Tout cela dit, avec la plus grande « déontologie »…