Certaines villes ont été confrontées depuis déjà longtemps à ce populisme. Mais depuis le début de mon engagement politique ici à Brest, je n’avais pas encore rencontré de visu une opposition dont le programme, les idées et tous les propos sont imbibés de mauvaise foi, de mensonges éhontés voire même de haine.

Alors que nous avions l’habitude de confronter de véritables idées politiques, sur la fiscalité, l’économie, l’attractivité, le social, le monde associatif, l’éducation, voilà que l’on cherche à nous amener sur des terrains nauséabonds.

Difficile de raisonner intelligemment et calmement en entendant des insultes.

Remettre notre honnêteté en question sur les inscriptions dans les crèches alors qu’un travail considérable sur l’équité a été mené. Nous accuser de tous les maux envers le monde associatif alors que dans tous les domaines, nous n’avons de cesse de travailler avec les associations, ce qui fait d’ailleurs de notre ville une de celles ayant le maillage associatif le plus dense de France. Nous accuser de distribuer de l’alcool plus que de raison alors que depuis plus de 10 ans (j’étais alors adjoint à la santé) il n’y a plus d’alcools forts lors des « pots » offerts par la mairie et qu’aucun alcool n’est présent, dès qu’une manifestation se fait en présence ou vers les enfants et les jeunes. Et j’en passe.

On a l’impression que tout est fait pour nous empêcher d’aller vers un véritable débat intelligent. De confronter nos idées qui ont construit nos convictions les plus profondes. Au contraire, on tente de nous amener vers du hors-piste. Tout est bafoué. De la lutte des classes à l’individualisme, du bien-être dans sa ville à l’insécurité,

Alors voilà, c’est un choc, mais il faut s’y préparer. Je connaissais le front national et son idéologie et pas de surprise de ce côté-là. Malgré leur changement de couleurs (du brun au bleu marine) ce sont toujours le mêmes.

Mais je n’étais pas préparé au retour du populisme dans ce qu’il a de plus vomitif. On a beau voir dans les médias et dans les livres d’histoire, l’inévitable montée des Poujade profiteurs de crises, lorsque l’on voit fleurir cette prose nauséabonde chez soi, le choc est rude. On est empreint de colère et de volonté d’aller se battre en répondant à chaque insulte, chaque ignominie et chaque mensonge. Mais c’est ce qu’ils attendent : nous clouer au pilori en prétendant que nous ne savons pas garder notre calme, que seule la vérité qui blesse nous fait sortir de nos gonds.

Alors, je me pose, je respire un bon coup, et je tente de canaliser cette colère finalement aussi noire que leur imbécilité et je vais vers les citoyens. Le plus sincèrement et le plus honnêtement, je parle de nos valeurs et de nos actions passées, présentes et à venir. Et Je tente de montrer que j’aime ma ville, ce qui motive mon engagement alors que dans le même temps, cette droite décomplexée ne fait que salir par ses relents une campagne qui mériterait vraiment un niveau que les brestois méritent.

Marc Sawicki.