Le travail des enfants est fortement régulé en Occident : doit-on revenir sur les lois interdisant le travail des enfants pour rendre le marché du travail « libre » ? Non, c’est le combat syndical qui a conduit à de telles lois malgré l’intervention de certains industriels qui préféraient un marché « libre » !!

Les bulletins de vote, les lois votées par le Parlement : doivent-ils être mis sur un marché « libre » , doit-on introduit le principe d’un-vote-pour-un-euro ? Non, car alors la loi ne défendrait plus le plus faible mais le plus riche !

Même le marché boursier n’est pas si libre qu’on le laisse croire. Il n’est pas possible d’arriver à la Bourse avec un stock d’actions de son entreprise à vendre : il existe des conditions, des critères stricts pour être coté en bourse ; le délit d’initié est également puni par la loi !

Tout marché est donc régulé par des décisions politiques : respect de lois environnementales, protection des consommateurs … Les bornes d’un marché ne peuvent évidemment pas être déterminées de manière neutre ou scientifique … c’est un exercice politique. Lorsque quelqu’un dit qu’une loi restreint la liberté d’un marché, il exprime une opinion politique … et l’opinion contrainte est donc défendable.

Un marché libre est-il juste ? Si on repense à l’exemple d’un marché d’esclaves, on peut déjà le nier. Mais cet exemple est peut-être trop lointain, examinons donc une situation actuelle. Les occidentaux considèrent que la Chine n’est pas dans une relation de marché juste avec eux : travail à des salaires très bas en Chine, travail des enfants … C’est-à-dire, les occidentaux ne veulent pas que la Chine exploite son principal gisement, le travail bon marché … même si les conditions chinoises sont aussi celles de nos ancêtres (la Cour suprême des USA avait déclaré contraire à la Constitution, une loi de l’État de New-York limitant le travail des boulangers à 10 heures car « privant le boulanger de la liberté de travailler aussi longtemps qu’il le souhaiterait. », pourquoi le travailleur chinois ne choisirait-il pas librement de travailler 12 heures par jours dans des conditions exécrables ?).

Le marché juste, ce sont donc des considérations morales et politiques.

En conclusion, lorsque quelqu’un dit qu’une loi restreint la liberté d’un marché, il exprime une opinion politique … et l’opinion contrainte est donc défendable. On n’est donc pas soumis aux leçons des économistes libéraux, ni aux volontés de grands patrons aux salaires exorbitants. Chaque citoyen a son mot à dire, et c’est tant mieux !