La mort de la classe capitaliste. Au XIXe, les chemins de fer, les aciéries, les industries chimiques ont exigé des investissements tels qu’il n’était pas possible pour un seul individu de détenir des telles entreprises, ceci a conduit à la création des sociétés à «responsabilité limitée» vers 1860-70 (Marx est l’un des premiers à avoir compris l’intérêt des SARL pour lever des fonds tout en réduisant les risques individuels pour les investisseurs. Il a pointé également les possibles prises de risques inconsidérées de la part des dirigeants. Marx voyait les SARL comme le prémisses au socialisme). Les dirigeants d’entreprises sont donc devenus des professionnels embauchés pour diriger l’entreprise sans y être nécessairement actionnaires prédominants. Dès l’origine, des risques ont été pointés notamment que ces dirigeants maximisent les ventes (leur prestige et donc leur salaire) et non les profits (i.e les dividendes de l’actionnaire). Pour palier cette tare, une théorie voit le jour au début des années 1980 : imposer aux dirigeants la réduction des coûts de production : maîtrise des salaires, du nombre d’employés, mise en concurrence des sous-traitants … ; octroyer des stocks options aux dirigeants pour qu’ils prennent en compte le souci des actionnaires ;

Une première conséquence de cette théorie qui vise à réduire la la masse salariale est : une hausse de la productivité mais aussi du chômage ; un travailleur stressé par la crainte de perte d’emploi ; un travailleur davantage sollicité pour accroître la productivité ; On a donc à faire à une politique de court-terme !

Cette théorie conduit aussi à une hausse des cours en bourse. D’ailleurs, la part des profits distribués dans le total des bénéfices des entreprises est passé de 35-45 % dans les années 50-70 à 60 % actuellement. Cette hausse s’est faite au détriment des autres « parties prenantes » dans l’entreprise. Ces « parties prenantes » sont principalement : les salariés notamment avec gel des salaires, plan de licenciement, délocalisation … ; les sous-traitants avec des fortes contraintes sur les prix d’achat ; l’État avec des pressions sur l’emploi pour obtenir des baisses de charge ; Parallèlement, l’investissement a chuté de manière importante : 20,5 % du PNB en 1980 ; 18,7 % en 1990-2009 aux USA. La croissance, quant à elle, est passée de 2,6 % en 1970 à 1,6 % en 1990-2009. Cette politique ne profite donc pas à l’économie dans son ensemble ! La baisse de l’investissement s’explique en partie par le fait que les entreprises achètent, avec ses bénéfices, leurs propres actions au lieu d’investir. Ceci accroît encore le bénéfice de l’actionnaire en cas de revente mais ne profite pas à l’entreprise sur le long terme. Le rachat d’action par l’entreprise représentait 5 % en 1980, il était de 280 % en 2008. Exemple de General Motor : si l’entreprise n’avait pas dépensé $20,4 milliards entre 1986 et 2008 pour acheter ses propres actions mais avait placé la somme à 2,5 %, elle aurait facilement pu trouver les $35 milliards pour la sauver de la banqueroute. En résumé, les sociétés à « responsabilité limitée » : ont permis de réunir des fonds conséquents grâce à la possibilité de sortir rapidement de l’entreprise pour l’actionnaire ; ont conduit à privilégier une politique de court terme ; les actionnaires sont la partie la plus mobile